
TranscriptioFrancogallica (saec. XIX)
composé et qu’il a refusé de communiquer à ses meilleurs amis, et même au grand N° 6.
Ces caractères seront gravés en dedans de l’anneau.
Gallina Nigra — scientia talismanorum et anulorum magicorum

composé et qu’il a refusé de communiquer à ses meilleurs amis, et même au grand N° 6.
Ces caractères seront gravés en dedans de l’anneau.

Vizir. Je fis ce qui a été indiqué plus haut, et bientôt le Muphti parut et déposa son manuscrit sur la table, en me disant : Tonas, Zugar, ce qui veut dire dans la langue des mages : Lisez et croyez. Le vieillard le regardait affectueusement ; il lui tendit la main, et prononça avec douceur et expression : 6 Solem ; et le Muphti après s’être incliné, disparut.
Rendez-moi le talisman et l’anneau, me dit le vieillard, et prenez ceux-ci, planche N° 5, ils vous serviront à mettre en activité tel nombre de génies que vous voudrez pour faire sur-le-champ tous les ouvrages que vous désirerez entreprendre et arrêter les travaux qui pourraient vous être contraires ; les mots magiques sont Zoranni, Zaitux, Elastot. Nous ne ferons point d’expérience dans ce moment ; demain, nous irons sur les bords du Nil et nous y ferons construire un pont d’une seule arche sur lequel nous passerons de l’autre côté du fleuve. Voici le talisman, planche N° 6, et son anneau, ils ont la propriété de tout détruire, de commander aux éléments, de faire tomber la foudre, la grêle, les étoiles ; aux tremblemens de terre, aux ouragans, aux trombes de terre et de mer, et de préserver

ba
No 7
[figura: circulus magicus con characteres grabados en su contorno; en su interior, un triángulo invertido que contiene un sol antropomorfo radiante y el número «3»; bajo circulus, un ojo intra de una cartela ovalada con los números «1 3 2 1»; más infra, una línea de characteres magici y el número «2»]
Caractères pour être gravés en dedans de l'anneau.
6.

[...] nos amis de tous les accidens. Voici les mots qu’il faut prononcer : les numéros indiquent chaque chose que l’on veut opérer,
1° vous prononcerez : Ditau, IJurandos ; 2° Ridas, Talimol ; 3° Atrosis, JSarpida ; 4° Uusur, Itar ; 5° Hispen, Tromador ; 6° Paranlhes, Histanos.
Le talisman et l’anneau, planche N° 7, vous rendront invisibles à tous les regards, même aux yeux des génies ; le Grand Etre seul pourra être témoin de vos démarches et de vos actions ; vous pénétrerez partout, au sein des mers, dans les entrailles de la terre ; vous pourrez parcourir également les airs, et aucune action des hommes ne pourra vous être cachée.
Dites seulement Benatir, Cararkau, Dedos, Etinarmi : je répétai ces quatre mots, et à travers les [...]

murs de la pyramide, je vis deux Arabes qui étaient dans la plaine et qui profitaient de l'obscurité pour fouiller dans un tombeau où ils croyaient trouver quelque chose de précieux. Vous pourrez, quand vous voudrez, éprouver les autres choses que je vous ai annoncées ; il suffira seulement de placer l'anneau successivement aux différents doigts de la main droite. Ce talisman vous servira aussi, en le retournant, à vous transporter dans telle partie du monde que vous jugerez convenable, sans courir aucun danger ; prononcez seulement ces mots : Radiatus, Polastrien, Terpandu, Ostrata, Pericatur, Ermas. Mais j'espère que vous ne ferez pas usage de ce moyen pour me quitter sans mon aveu ; promettez-le moi. Mon père, j'en fais serment.
Avec ce talisman mis à la main gauche vous ouvrirez toutes les serrures, quels que soient les secrets qu'on ait employés pour les fermer ; vous n'aurez pas besoin de clé, en les touchant seulement avec l'anneau ; et en prononçant ces trois mots : Saritap, Pernisox, Ottarim, elles s'ouvriront d'elles-mêmes sans difficulté : faites-en l'épreuve sur-le-champ, mon fils, me dit

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N° 8
[figure : anneau avec caractères magiques]
Caractères pour être gravés sur l’anneau, en dehors.

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le vieillard; fermez la cassette que vous voyez sur cette table; je le fis, et après m'être assuré que rien ne pouvait l'ouvrir que la clé, je la touchai de l'anneau en prononçant les mots magiques, et elle s'ouvrit d'elle-même. Il en sera de même, ajouta le vieillard, de toutes les portes des prisons, des châteaux forts où l'on pourrait vous renfermer.
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Le talisman et l'anneau, planche 8, vous serviront pour détruire tous les projets que l'on pourrait former contre vous, et si quelque génie voulait s'opposer à vos volontés vous le forceriez à se soumettre à vous, en plaçant le talisman sous votre main gauche, et l'appuyant sur une table et l'anneau au second doigt de la main droite, et vous direz à voix basse, en inclinant la tête : Senapos, Terfita, Estamos, Perfiter Notarin.
Les mêmes talismans, ont une propriété aussi extraordinaire qu'agréable; ils vous donneront toutes les vertus, tous les talents, et le penchant pour faire le bien, pour changer toutes les substances qui seraient de mauvaise qualité et les rendre excellentes. Pour le premier objet, en élevant le talisman et l'anneau placé à la première

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N° 9
[figure : talisman avec caractères]
Caractères pour être gravés sur l’anneau, en dehors.

phalange du troisième doigt de la main gauche, il suffira de prononcer ces mots : Turan, Fstonos, Fuza.
Pour la seconde opération vous direz : Vazotas, Testanar, et vous verrez s'opérer le prodige que je vous annonce.
Le talisman et l'anneau, planche N° 9, vous serviront à connaître tous les minéraux et les végétaux, leurs vertus, leurs propriétés, et vous posséderez la médecine universelle ; il n'est point de maladie que vous ne puissiez guérir, et point de cure que vous n'entrepreniez avec succès. Esculape, Hypocrate ne seront que des écoliers près de vous. Vous prononcerez seulement ces paroles : Reterrem, Salibal, Cratares, Hisater, et lorsque vous serez près d'un malade vous porterez le talisman sur l'estomac et l'anneau en sautoir au cou, attaché avec un ruban couleur de feu.
Le même talisman et l'anneau serviront pour vous trouver sans danger au milieu des animaux les plus féroces, pour les dompter à volonté, connaître par leurs différens cris ce qu'ils veulent, car ils ont un langage entre eux. Les animaux enragés s'éloigneront de vous, et vous les ferez pé-[...]

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N° 10
[figure : anneau avec caractères magiques]
Caractères pour être écrits en dehors sur l’anneau.

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rire sur-le-champ, en prononçant les mots que je vais vous indiquer.
Pour la première opération, il suffira de dire : Hocatos, Imorad, Suraier, Markila.
Pour la seconde : Trumanirem Ricona, Estupit, Oxa.
Le talisman et l’anneau, planche n. 10, vous serviront à connaître les intentions bonnes ou mauvaises de tous les individus que vous rencontrerez pour vous en garantir et pour leur imprimer sur la figure un caractère qui les fera remarquer de tout le monde. Il suffira de prononcer ces mots mystérieux en plaçant le talisman sur votre cœur, et l’anneau au petit doigt de la main droite. Vous direz donc : Crostes, Furinot, Katipa, Garinos.
Les mêmes talismans mis à la main gauche, vous donneront tous les talens et une connaissance approfondie de tous les arts, de manière à exercer avec autant d’éclat que les plus grands maîtres et les premiers artistes. Il suffira de porter le talisman et l’anneau de la manière que vous le jugerez convenable en prononçant ces sept mots : Ritas, Onalurn, Tersorit, Ombas, Serpitas, Quitathar, Zamarath, (Voyez note I.)
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Composition des talismans et des anneaux.
Comme il se pourrait que vous n’eussiez pas les moyens de faire les talismans et les anneaux semblables aux miens, me dit le vieillard, vous les composerez ainsi que je vais vous indiquer*, savoir, les anneaux en acier bronzé, en y faisant graver les caractères, et les talismans en étoffe de soie de la dimension des planches.
N. 1. Satin blanc, brodé en or.
N. 2. Satin rouge, brodé argent.
N. 3. Satin bleu ciel, brodé argent.
N. 4. Satin noir, brodé argent.
N. 5. Satin vert, brodé or.
N. 6. Satin violet, brodé argent.
N. 7. Satin noir doré, brodé or.
N. 8. Satin lilas en soie nuancée.
N. 9. Satin ponceau, brodé argent.
N. 10. Satin rouge, brodé, le milieu en or, le bord en argent et les signes en soie noire et blanche.
Le vieillard, après m’avoir donné ces renseignements, remit tous les talismans et

les anneaux dans la cassette. Le génie qui était à mes côtés la ferma, lui remit la clé, et le vieillard me dit : tous ces prodiges qui se sont opérés devant vous, mon cher fils, ne doivent vous laisser aucun doute sur la puissance et la vertu de ces talismans et des anneaux ; si vous n’avez éprouvé aucun obstacle dans vos entreprises c’est que votre cœur est pur, que votre âme est sans tache, et que la vertu, la probité et l’honneur vous furent toujours chers.
Un homme qui aurait le moindre reproche à se faire, qui aurait ravi le bien d’autrui, ou qui en aurait seulement eu l’intention ne pourrait participer à nos mystères ; c’est en vain qu’il aurait en sa possession tout ce que vous voyez, que notre langue magique lui serait connue, les puissances célestes, aériennes, infernales, terrestres, et celles des mers et du feu lui seraient rebelles.
Tout ce qu’il voudrait entreprendre tournerait à sa honte et à sa confusion, et à chaque invocation qu’il ferait, la puissance dont il réclamerait les secours et l’intervention, lui répondrait : Renonce à tes projets, tu es coupable, avant que de nous commander, purifie-toi, repens-toi, expie tes fautes.
(Voyez note J.)

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Si après ces émanations il continuait à conjurer les puissances, il finirait par en être puni et perdrait infailliblement la vie.
Souvenez-vous donc, mon cher fils, que tout est possible à la vertu, et qu'aucune faute ne reste impunie ; il est encore deux prières que vous aurez soin de réciter avant et après chaque conjuration que vous voudrez faire ; les voici :
PREMIÈRE PRIÈRE.
« Il y a au-dessus du feu céleste une flamme incorruptible, toujours étincelante, source de la vie, fontaine de tous les êtres et principe de toutes choses. Cette flamme produit tout et rien ne périt que ce qu'elle consume : elle se fait connaître par elle-même ; ce feu ne peut être contenu en aucun lieu ; il est sans corps et sans matière, il environne les cieux, et il sort de lui une petite étincelle qui fait tout le feu du soleil, de la lune et des étoiles. Voilà ce que je sais de Dieu : ne cherche pas à en savoir davantage ; car cela passe la portée, quelque juge que tu sois ; au reste, sachez que l'homme injuste et méchant ne peut se cacher [...] »

« devant Dieu, ni adresse ni ruse, ne peuvent rien déguiser à ses yeux perçans. Tout est plein de Dieu ; Dieu est « partout. »
DEUXIÈME PRIÈRE.
« Il y a en Dieu une immense profondeur de flammes ; le cœur ne doit pas craindre de toucher à ce feu adorable, ou d’en être touché ; il ne sera point consumé par ce feu si doux, dont la chaleur tranquille et périssable fait la liaison, l’harmonie et la durée du monde. Rien ne subsiste que par ce feu, qui est Dieu même. Personne ne l’a engendré ; il est sans mère, il sait tout, et on ne lui peut rien apprendre : il est inébranlable dans ses desseins et son nom est ineffable. Voilà ce que c’est que Dieu : car pour nous, qui sommes ses messagers, nous ne sommes qu’une petite partie de Dieu. »
Vous voyez, mon fils, que toutes les instructions que je vous donne ont pour base le respect que l’on doit à Dieu, qui est le principe de toutes choses et dont la bonté ineffable et sans bornes, nous comble

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chaque jour de tous ses biens, lorsque nous saurons nous en rendre dignes par notre respect et notre soumission à sa volonté et à ses immuables décrets.
Le vieillard, après ces courtes réflexions, me dit : Vous avez dû remarquer, mon fils, que je vous ai parlé des oiseaux auxquels j'allais donner la nourriture, et vous avez vu des génies qui en avaient un avec eux, lorsqu'on a déposé à vos pieds des monceaux d'or, ce sont ces oiseaux qui les font découvrir par leur instinct, et par les paroles magiques et cabalistiques que l'on prononce. Pour se procurer ces oiseaux, il existe des difficultés sans nombre qu'il faut vaincre; et les profanes, ceux qui ne sont point initiés dans nos mystères, font des efforts inutiles pour en obtenir la possession : c'est de la merveilleuse Poule Noire que je vais vous entretenir. Le grand Oramasis, père de Zoroastre, fut le premier qui en posséda une, c'est de lui que je possède le secret de les faire naître, et voici le manuscrit dans lequel est contenue la manière de faire éclore ces oiseaux aussi rares que précieux. Il m'ouvrit en même temps ce manuscrit, dont la couverture était une lame d'or, couverte de dia-

[...]niants, de rubis, de topazes, de saphirs, dont il était impossible de soutenir l'éclat. Le papier était d'une blancheur éblouissante et les caractères hiéroglyphiques étaient tracés à la main avec de l'encre rose.
Je vous apprendrai à lire comme moi dans ce livre, me dit-il, mais occupons-nous de la manière de faire éclore la Poule Noire et de se procurer les œufs desquels elle doit sortir.
Il prit plusieurs morceaux de bois aromatiques, tels que de Valois, du cèdre, de l'oranger, du citronnier, du laurier, de la racine d'iris, des roses dont les feuilles avaient séché au soleil ; il mit le tout dans un réchaud d'or, répandit dessus de l'huile balsamique, de l'encens le plus pur, de la gomme transparente ; et ayant prononcé les mots : Athas, Solinam, Erminatos, Paseim, le soleil pénétra dans le souterrain ; il plaça un verre sur le réchaud, et les rayons du soleil ayant frappé sur le verre, au même instant ces parfums et les morceaux de bois odorants qui étaient dans le réchaud s'enflammèrent, le verre se liquéfia, une odeur suave se répandit dans le souterrain ; et bientôt il ne resta plus que des cendres : le vieillard qui n'avait pas cessé de regarder avec la plus grande attention,

prit un œuf d’or qui était dans un sac de velours noir et que je n’avais pas remarqué ; il ouvrit cet œuf, y renferma les cendres brûlantes, et le plaçant sur un coussin noir, il le couvrit d’une cloche de cristal de roche à facettes ; puis élevant les yeux et les bras vers la voûte, il s’écria : [?] Tanataper, Ismaz, Nontapilus, Ertivaler, Canopistus. Le soleil parut darder ses rayons sur cette cloche avec plus de force et de violence. La cloche devint couleur de feu, l’œuf en or se dérobe à mes yeux, une vapeur légère s’élève dans les airs, et je vois un petit poulet noir qui se remue, se met sur ses pattes et fait entendre un léger gloussement ; le vieillard lui tend un de ses doigts, il vient se placer dessus, il prononce ces deux mots : Binusas, Testipas, et le volatile se glisse dans son sein.
Voilà, me dit le vieillard, la manière de se procurer une Poule Noire ; dans quelques jours elle sera de la grosseur ordinaire et je l’instruirai devant vous ; vous verrez quel est l’instinct de cet animal pour découvrir les trésors les plus cachés, et que la plus petite parcelle d’or ne peut lui échapper. Rendons grâce au Grand Être qui a permis de pénétrer ces mystères et [...]

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d’opérer tant de prodiges et de merveilles.
Nous prononçâmes ensemble les deux prières rapportées plus haut, et après avoir rempli ce devoir, il me dit : Mon fils, c’en est assez, nous allons prendre un peu de repos. Le soleil nous éclaira encore quelque temps, il disparut, et sa lumière fut remplacée par celle de plusieurs lustres.
Le génie, qui ne nous avait pas quittés, prit une lyre et, s’accompagnant, il chanta dans la langue des mages la puissance de l’Éternel et les merveilles de la nature.
Le vieillard écoutait avec attention les accents du génie; pour moi j’étais dans l’enchantement, et il souriait en m’observant. C’en est assez, dit-il au génie; avant de nous livrer au repos, je veux vous indiquer les moyens d’avoir une Poule Noire sans avoir recours à ceux que j’ai employés, car il serait difficile de se procurer les parfums et les autres matières que j’ai mises dans le réchaud, si tout autre être que vous et moi voulait opérer ce grand œuvre. Mais si vous trouviez quelque jour quelqu’un qui fût digne d’être initié; voici le moyen que vous pourriez employer : vous prendriez un œuf que vous exposeriez à midi à la lueur du soleil, en observant

S’il n’a pas la moindre tache; ensuite vous choisiriez une Poule Noire autant que possible; si elle avait des plumes d’une autre couleur vous les arracheriez, vous lui couvririez la tête d’une espèce de chaperon d’étoffe noire de manière à ce qu’elle ne pût rien distinguer; vous lui laisseriez l’usage de son bec, vous la renfermeriez dans une boîte garnie également d’étoffe noire, assez grande pour la contenir, et placeriez cette boîte dans une chambre où le jour ne pourrait pénétrer, ayant même l’attention de ne lui porter de la nourriture que la nuit; et lorsque toutes ces précautions indispensables seraient prises, vous lui donneriez l’œuf à couver, en observant encore qu’elle ne pût être distraite par aucun bruit.
Tout se peignant en noir à cet oiseau, son imagination en serait frappée, et le temps révolu, vous verrez éclore une poule parfaitement noire ; mais, je vous le répète, il faut que celui qui opère soit, par sa sagesse et sa vertu, digne de participer à ces sacrés et divins mystères. Car si nous ne pouvons lire dans le cœur des hommes, il n’en est pas de même du Grand Etre, tout lui est connu et il pénètre nos plus secrètes intentions et nos pensées les plus

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cachées ; et c'est d'après cela qu'il nous accorde ou nous refuse ses faveurs et ses dons.
Notre séance a été assez longue, ajouta-t-il, il faut prendre quelque nourriture avant de nous livrer au repos. Il frappa trois fois dans ses mains, et les esclaves, les génies qui avaient déjà paru s'offrirent de nouveau à mes regards, et dans un instant nous eûmes tous les mets qui pouvaient satisfaire le goût, l'odorat et les yeux. Le repas fut très-gai; le vieillard l'anima par ses saillies, le génie fut aussi de la partie; j'étais comme inspiré, et je me joignis à la conversation; enfin, le sommeil venant à s'appesantir sur nos paupières, nous quittâmes la table pour goûter ses douceurs.
Les songes les plus agréables me bercèrent de leurs images riantes ; et lorsque je m'éveillai, le jour éclairait notre demeure. Je ne vis point le vieillard ni le génie, je pensai qu'ils étaient sortis, et je m'abandonnai à mes réflexions; le présent me rassurait sur l'avenir, rien ne pouvait m'inquiéter. Si la fortune donne le bonheur, me disais-je, qui sera plus heureux que moi ? je ne puis former aucun vœu qui ne soit accompli sur-le-champ; que mon

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sort serait envié s’il était connu du reste des hommes ! Je désirais de pouvoir bientôt rentrer dans ma patrie, et tandis que j’allais donner suite à cette idée, un bruit léger se fit entendre et je vis entrer le vieillard suivi du génie ; ils s’approchèrent de moi, me tendirent la main l’un et l’autre, et je quittai sur-le-champ mon lit de repos.
Vous avez bien reposé, mon cher fils, me dit le vieillard, pendant votre sommeil je suis sorti avec le génie pour visiter mes oiseaux, et je vais vous faire connaître leurs talents. Au même instant il toucha un ressort qui était dans la muraille, et elle s’ouvrit, et sept oiseaux noirs que je reconnus pour des poules, furent apportés dans une cage par deux esclaves noirs.
Ces animaux ont un instinct merveilleux pour trouver l’or, vous allez en juger. Il plaça plusieurs pièces d’or sous des coussins, dans des crevasses de la muraille, sous les plis de son turban, puis il dit aux esclaves : Tournabos, Fativos, Almabisos. Ils ouvrirent la cage, découvrirent la tête de ces oiseaux, et les poules sortirent et volèrent sur-le-champ dans les différents endroits où l’or était caché ; elles prirent [...]

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les pièces et vinrent les déposer aux pieds du vieillard. Il prit ces oiseaux les uns après les autres, les caressa, et il me dit : Vous voyez combien ils sont dociles. Nous allons sortir un instant dans la plaine, j'ai placé dans le sable plusieurs pièces d'or, nous lâcherons nos oiseaux et bientôt ils auront découvert le trésor. Il fit un signe aux esclaves qui les renfermèrent dans la cage et nous partîmes.
Dès que nous fûmes sortis de la pyramide, et à cinq cents pas environ dans la plaine, il fit lâcher les oiseaux, et ils firent quelques pas ; bientôt il sembla que l'instinct leur indiquait où se trouvait le trésor ; ils volèrent de ce côté, et se mettant à gratter tous les sept, ils eurent bientôt découverts les sacs ; une d'elles se mit à glousser, nous approchâmes et nous vîmes les sacs que le vieillard avait cachés. Je ne pus m'empêcher de témoigner ma surprise. Mon fils, vous voyez que tout est possible avec les secours de Dieu et sa puissante protection ; nous prîmes les sacs et nous rentrâmes dans la pyramide.
Il fit renfermer les oiseaux avec les mêmes précautions prises pour les faire sortir ; et il me dit : Voyons dans quel état est mon
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nouveau-né. Il ouvrit une petite boîte garnie de duvet dans laquelle il l'avait renfermé, et déjà les plumes commençaient à paraître. Encore quelques jours, dit-il, et il pourra recevoir les premières leçons. Il remit la boîte à sa place. Depuis que nous sommes ensemble, me dit le vieillard, nous ne sommes point encore sortis; nous allons faire une petite excursion dans la campagne et prendre le costume du pays. Le génie couvrit sa tête d'un turban et s'habilla complètement en Turc; j'en fis autant et nous nous disposâmes à partir.
Avant de sortir, je vis le vieillard prendre un talisman et un anneau; je le remarquai. Il me dit : Cela peut nous être nécessaire, la précaution est la mère de sûreté. Nous nous mîmes en route; nous marchions tranquillement depuis quelque temps; le vieillard nous parlait des changements qui s'opèrent de temps en temps sur le globe, de la révolution des astres, des planètes, il semblait annoncer et prévoir celles qui surviendraient encore. Tout-à-coup, une horde d'Arabes vient fondre sur nous le sabre levé; le vieillard les regarde sans frayeur; il lève la main, les brigands s'arrêtent; il prononça les mots prescrits par

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le talisman, planche N° 10; nous devînmes invisibles, et les Arabes étonnés regardaient de tous les côtés sans nous apercevoir.
Il est impossible de peindre l’étonnement de ces misérables, leur chef paraissait consterné; le vieillard souriait, il prononça d’une voix forte : Natarter; et ils prirent la fuite avec la rapidité de l’éclair.
Soyez tranquilles, dit le vieillard, de longtemps ils n’oseront reparaître dans cette contrée.
Nous marchâmes encore quelque temps ; le temps s’écoulait avec une rapidité extraordinaire, la conversation du vieillard était si variée, si instructive qu’il était impossible de l’écouter sans être charmé de tout ce qu’il disait.
Retournons vers notre demeure. Et après avoir prononcé ces mots, il regarda le soleil et s’écria : Astre brillant, image de la divinité, toi qui vivifies la terre et donnes la vie à la nature, reçois mon hommage, puissé-je avant de quitter la terre jouir constamment de ta lumière !
Qui peut faire naître ces sombres idées, m’écriai-je aussitôt, pourquoi songez-vous à quitter la terre ?
Eh ! mon fils, chaque jour qui s’écoule, chaque pas que nous faisons, nous conduit vers la tombe. Heureux l’homme juste qui peut s’endormir en paix dans le